Bali, journée du silence (Selamat Hari Raya Nyepi)

Basé sur le calendrier saka, hérité du système hindou, chaque mois commence après le passage de la nouvelle lune, ce qui donne lieu à d’importantes cérémonies. Sur l’île des Dieux, le nouvel an a lieu chaque année entre le mois de mars et d’avril. À Bali, nous sommes en 1936 (2016).

Auréolés de mystères, de contes et de temples, Bali vit au rythme des rites et cérémonies. Intimement liés à la communauté, ces rituels traduisent une union entre la dimension terrestre et la vie intérieure…antérieure. Selamat Hari Raya Nyepi !

Forces antithétiques, combat des esprits du monde inférieur et supérieur, le peuple balinais s’incline, honore le pacte, implore la faveur des Dieux, suspend en quelque sorte le temps. Monde de symboles et de divinités, les balinais tournés vers la terre, vénèrent les montagnes – la demeure des Dieux et des ancêtres et protègent les immenses arbres et les statues de pierre en ceignant leur troncs d’une étoffe sacrée, le poleng. Teinté de gris là où les carreaux noirs et blancs se rencontrent, ce tissu nous rappelle l’équilibre si fragile qui s’exerce entre les forces divines et démoniaques, le processus de transformation qui pénètre et s’étire en chacun d’entre nous. Tuer cette mémoire, serait en quelque sorte tuer l’homme. Pyramides de fleurs, de fruits, de riz, d’encens…Pendant des jours, les femmes, gardiennes de la tradition, préparent les offrandes pour la procession à la mer ou aux sources sacrées. L’atmosphère se charge d’une énergie vibrante et vacillante. Suaves, opulentes, colorées, les petits paniers tressés de feuilles de cocotiers, garnis de pétales de jasmin, de frangipanier ou de chempaka dégagent tout leur symbole de pureté et de sincérité. Bénis par les prêtres, vêtus de leur robe blanche, les objets de culte tout comme les offrandes, lavés de toutes négativités, génèrent un nouvel espoir, redonnent un sens transmissible à la vie, aux bonnes intentions.

Ogoh-Ogoh, parade populaire
Spectaculaires et grandioses, ces immenses statues d’une hauteur de plus de 3m, construites dans une armature de bambou, recouvertes de papier mâché puis peintes, paradent à la nuit tombée, un jour avant le Nyepi. Ces chefs d’oeuvres, représentant de curieux personnages, déposés sur des plateaux de bambous, soutenus par de nombreux hommes, convergent vers les intersections et carrefours − les démons aiment ces endroits où ils peuvent nuire aux conducteurs imprudents. Accompagnés des gongs, des cymbales, de pétards…tous les bruits sont permis pour terrifier les esprits du monde inférieur. Les enfants, également, participent à la fabrication d’un Ogoh-Ogoh de plus petite taille.
Au terme de cette purification, de cette nouvelle année qui débute, les Ogoh-Ogoh sont brûlés…triomphe du mal, perpétuelle incarnation de l’équilibre terrestre.

Nyepi est un moment unique où tout s’arrête. Pendant 24 heures, l’île restera déserte, silencieuse et méditative, un temps qui suspend la course avide au rendement à tout prix, à la frénésie contemporaine. Un moment pour faire halte, pour prendre soin de notre sanctuaire intérieur, pour converser avec notre voix intérieure. L’aéroport ferme ses portes. Vide de toute âme humaine, les esprits malins quittent le nombril du monde.

Pas de feu et de lumière, pas de travail, pas de déplacement, pas d’animation…LE JEÛNE ET LE SILENCE.

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